Comme Tony Stark dans les comics Marvel, Hurst a développé des armes innovantes. Comme Tony Stark, il est devenu immensément riche. Et comme Tony Stark, il eut une révélation…

Chimiste : c’est le premier métier de Gérald Hurst, celui qui lui a valu une reconnaissance professionnelle et celui qui a fait sa fortune. Dans ce domaine, c’est un maître, inventeur de nombreux explosifs dont le brevet porte son nom. Il a commencé sa carrière lors de la course aux étoiles, développant pour la NASA un explosif suffisamment puissant pour lancer une fusée dans l’espace. La lune conquise, il a été débauché par l’industrie de l’armement. A l’époque, la guerre du Vietnam fait rage et les difficultés sont nombreuses. Hurst ne s’occupe pas des relations publics, ni du bien-fondé ou non de cette guerre dévastatrice pour l’opinion américaine. Il travaille sur la question de la combustion et sur le moyen de mieux réussir la destructions des infrastructures ennemies.

Mais qu’est-ce que je suis en train de faire ?

Sa contribution est indéniable. En quelques années, il met au point l’Astrolite utilisé pour les bombes au Napalm. Il aida aussi les agents secrets sur place à fabriquer des bombes avec les moyens du bord : sucre ou poulet… Surtout, il inventa le tee-shirt explosif grâce à ses fibres recouvertes de nitrate. Puis, un matin, tout à ses expériences chimiques, il releva la tête, et contemplant son espace de travail, se demanda « mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? »

Tony Stark, le héros de Marvel, connait la même épiphanie en découvrant que ses armes sont vendues aussi bien au camp du bien qu’au camp du mal. Il se réfugie dans le sous-sol de sa maison et y perfectionne son armure, l’Iron Man, super-héros au service du peuple.

Gérald Hurst transforme son sous-sol en laboratoire géant dans lequel il évolue souvent en combinaison ultra-protectrice, au vu des expériences menées. Mais surtout, il devient consultant et expert pour la justice américaine dans des procès où le feu, l’incendie, jouent un rôle de premier plan. Il met ainsi à disposition son immense savoir et talent.

La première affaire dont il s’occupa fut celle de Sonia Cacy. Sonia fut accusée d’avoir délibérément mis le feu à sa maison pour tuer son oncle, Bill Richardson, et ainsi hériter de sa fortune. Elle fut condamnée à 99 ans de prison. Les experts, lors du procès, attestèrent de la présence d’essence sur les vêtements de la victime.

Six ans plus tard, en 1998, Sonia fut libérée, grâce aux travaux de Gérald Hurst qui prouva que le soit-disant résidu d’essence trouvé sur les lieux de l’accident provenait en fait de matières plastiques ayant fondus.

Une reconstitution à 20 000 $

Jusqu’à sa mort survenue en 2015 à l’âge de 77 ans, Hurst n’a eu de cesse de venir en aide aux personnes injustement accusées de meurtre, ne comptant ni son temps, ni l’argent investi; ses brevets lui rapportant suffisamment de quoi vivre. Afin de vérifier une hypothèse de départ de feu et suivre la progression de l’incendie dans la maison, les autorités judiciaires décidèrent d’une reconstitution dont le coût dépassa les 20 000 $. Cette reconstitution à grand budget prouva que l’incendie n’était pas d’origine criminelle et établit de façon certaine l’innocence d’un présumé coupable.