Drôle, bien écrite, merveilleusement jouée, autant par le trio de détectives que par les rôles secondaires, Only Murders in the building est la série à voir pour tous les amateurs de whodunit : une parfaite réussite sur Disney+.

C’est un petit village dans une grande pomme, l’Arconia, un immeuble démesuré, imposant, occupant plusieurs blocs et abritant des centaines et des centaines de locataires. Les trois héros sont plutôt solitaires, par choix pour au moins deux d’entre eux. Un ex-acteur de série télé, Brazzos, sorte de Capitaine Furillo des années 80, et une jeune femme occupant un appartement en travaux. Le troisième larron, s’il est seul, n’est pas à blâmer vu l’énergie qu’il déploie pour se connecter aux autres. Ex-metteur-en-scène de Broadway, il déborde d’enthousiasme et rien – tristesse, désarroi, pessimisme – ne semble l’atteindre. Leur amitié débutera à la faveur d’une alarme incendie, dans le bar du coin où les locataires, évacués, ont trouvé refuge. D’abord sur la défensive, leur intérêt commun pour un podcast deTrue Crime les rapprochera le temps d’une soirée. Ce qui scellera définitivement leur amitié cependant, est la découverte d’un cadavre dans l’immeuble et lorsqu’ils s’y faufileront pour apercevoir Tim Kono, apparemment suicidé, qu’ils ont croisé dans l’ascenseur en fin de journée. Persuadé qu’il s’agit là d’un meurtre, ils décident de se lancer dans une enquête et de publier les résultats de celles-ci via un podcast.

Voilà pour le début de l’histoire. A partir de ce point de départ, les personnages vont prendre de l’étoffe, de l’épaisseur. Mabel, interprété par Séléna Gomez se révèle être une fan des Hardy Boys, série de livre pour la jeunesse où deux frères intrépides mènent l’enquête. Oliver Putman (Martin Short), trublion comique et ciment du groupe, révèle une autre part de lui-même plus touchante et grave. Quant à Charles-Haden Savage (Steve Martin), le trio lu redonnera un zeste de confiance en lui. Car oui, jusqu’à présent isolés dans leurs propres spirales, le projet fou d’une enquête pour meurtre va les amener à se dépasser, à se confronter à la réalité et à évoluer.

La série regorge de moments de comédies pures. L’apparition de Sting, de Tina Fey, le mémorial pour Tim Kono où l’on se rend compte que personne n’aimait ce type ; les épisodes sont menés tambours battant, sans temps mort et réservent chacun leurs lot de surprises, de déductions et de cliffhangers. De quoi vous rendre accroc à la série en un demi-épisode.

Il y aurait encore tant de choses à écrire sur les bonnes idées et les surprises de cette série. Mais, pour savourer au mieux, il vaut mieux éviter de spoiler. Foncez donc sans hésitation et faites-vous une idée à la vue du premier épisode. Je suis certain que beaucoup d’entre vous n’arrêteront pas la lecture des épisodes suivants…


Disponible sur Disney+
Critique rédigée après visionnage des 6 premiers épisodes (sur une saison qui en compte 10)