C’est un roman qui hurle, qui tape, qui cogne, qui ne vous laisse pas tranquille. Un mois après l’avoir lu, Clélia – l’héroïne – vient encore me rendre visite. L’histoire est simple : une femme tue ses deux petites filles. Elle les noie. La scène, se déroule dans les premières pages du roman, elle met mal à l’aise, on se dit « cette femme-là est folle ». C’est ce que tout le monde se dit, d’ailleurs. Dès lors, Clélia, enquêtrice de personnalité, n’aura de cesse de tenter d’expliquer son geste, de comprendre pourquoi Rosine, criminelle ordinaire, en est venue à noyer ses deux petites filles alors qu’elle leur donnait le bain. Clélia va aller au delà des apparences, au delà du premier réflexe défensive de la pensée. Clélia se met en quête de la vérité, celle qui explique sans excuser. Ce roman n’est pas un whodunit habituel. Ici, il ne s’agit pas de découvrir l’identité de l’assassin mais de comprendre le geste criminel de Rosine. En cela, l’enquête de Clélia sème ses indices et nous emmène à la conclusion à la manière d’un page turner.

Sandrine Cohen signe avec ce polar une œuvre maitrisée de bout en bout. Son style, sa lecture s’apparente à un sport de combat. Il vous met KO. Constamment, le livre vous remue, le livre vous questionne, le livre vous demande de réfléchir à votre vision de la justice. A bout de bras, le monde sur ses épaules, Clélia est un personnage, fort, intense, qui me hante encore, un mois après avoir refermé le livre. Ne faites pas l’impasse sur ce roman ! Il est sorti aux éditions du Caïman et disponible partout.